RAW START {"id":44,"date":"2010-07-04T16:20:26","date_gmt":"2010-07-04T16:20:26","guid":{"rendered":"http:\/\/www.coeurgan.com\/wordpress\/?p=44"},"modified":"2018-03-05T04:31:40","modified_gmt":"2018-03-05T04:31:40","slug":"le-vecu-dun-pediatre-a-befelatanana-le-temoignage-du-dr-todisoa-andriatahina","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.miandra.net\/?p=44","title":{"rendered":"Le v\u00e9cu d\u2019un p\u00e9diatre \u00e0 Befelatanana : le t\u00e9moignage du Dr Todisoa Andriatahina"},"content":{"rendered":"
<\/p>\n
Lors de son passage \u00e0 Paris en d\u00e9cembre dernier, le Docteur Todisoa Andriatahina nous a fait part de son exp\u00e9rience en tant que p\u00e9diatre \u00e0 l\u2019h\u00f4pital Befelatanana. Nous avons pu ainsi l\u2019interroger sur le fonctionnement, les grosses difficult\u00e9s et les besoins du service de p\u00e9diatrie. Ceux-ci sont \u00e9normes, en effet, le personnel dispose de tr\u00e8s peu de moyens pour mener les enfants vers la gu\u00e9rison. Leurs parents sont la plupart du temps issus des couches les plus d\u00e9munies de la soci\u00e9t\u00e9 et sont souvent dans l\u2019incapacit\u00e9 de nourrir et d\u2019acheter des m\u00e9dicaments et la nourriture de leur enfant. Cela provoque des situations catastrophiques o\u00f9 l\u2019enfant d\u00e9c\u00e8de parfois faute de nourriture et de soins ad\u00e9quats.<\/em><\/strong><\/p>\n Sonja Kellenberger : Peux-tu pr\u00e9senter ton parcours ?<\/strong><\/p>\n Todisoa Andriatahina : J\u2019ai fait huit ann\u00e9es d\u2019\u00e9tudes de m\u00e9decine g\u00e9n\u00e9raliste, puis quatre ann\u00e9es de sp\u00e9cialisation en p\u00e9diatrie dont une ann\u00e9e \u00e0 Bordeaux et \u00e0 P\u00e9rigueux dans le cadre d\u2019une convention entre les facult\u00e9s de m\u00e9decine de Madagascar et de Bordeaux. J\u2019ai pass\u00e9 deux ann\u00e9es au Laos \u00e0 l\u2019Institut de la Francophonie et des Pathologies Tropicales de Vientiane. En 2007, j\u2019ai pass\u00e9 le concours de chef de clinique en p\u00e9diatrie.<\/p>\n S. K. Quelle est la hi\u00e9rarchie chez les m\u00e9decins ?<\/strong><\/p>\n T. A. Le plus grad\u00e9 est le professeur qui est chef de service, puis viennent les chefs de clinique dont je fais partie, ensuite les p\u00e9diatres qui ont termin\u00e9 leurs quatre ann\u00e9es de sp\u00e9cialisation et enfin les internes qui sont en cours de formation, mais travaillent souvent comme p\u00e9diatres car ceux-ci ne sont pas assez nombreux.<\/p>\n S. K . Befelatanana, c\u2019est ton premier poste ?<\/strong><\/p>\n T. A. J\u2019ai toujours exerc\u00e9 \u00e0 Befelatanana, mais pas en tant que fonctionnaire. Je viens seulement d\u2019\u00eatre nomm\u00e9e fonctionnaire (il y a un mois). Mais, entre temps, j\u2019ai exerc\u00e9 en tant que chef de clinique rattach\u00e9 \u00e0 la facult\u00e9. J\u2019ai enseign\u00e9 \u00e0 la facult\u00e9 et encadr\u00e9 les \u00e9tudiants en m\u00e9decine et je suis r\u00e9f\u00e9rente dans ma sp\u00e9cialit\u00e9.<\/p>\n S. K. O\u00f9 se trouve l\u2019h\u00f4pital Befelatanana ?<\/strong><\/p>\n L\u2019h\u00f4pital de Befelatanana est l\u2019un des centres hospitaliers universitaires et se trouve \u00e0 Antananarivo, la capitale de Madagascar, dans le centre ville. Le service de p\u00e9diatrie g\u00e9n\u00e9rale comprend un petit service de n\u00e9onatalogie, un service de r\u00e9animation et un service de nutrition pour les enfants malnutris.<\/p>\n S. K. Combien y a-t-il d\u2019h\u00f4pitaux publics \u00e0 Antananarivo ?<\/strong><\/p>\n Les quatre h\u00f4pitaux d\u2019Antananarivo sont : S. K. Pour quelle population ?<\/strong><\/p>\n Pour environ 1 700 000 d\u2019habitants \u00e0 Antananarivo. En 2004, on comptait environ 30 p\u00e9diatres pour tout le pays qui compte environ 20 millions d\u2019habitants. Une partie d\u2019entre eux ont quitt\u00e9 le pays car ils n\u2019y gagnaient pas suffisamment leur vie. S. K. Combien y a-t-il de m\u00e9decins pour combien d\u2019enfants hospitalis\u00e9s dans le service de p\u00e9diatrie ?<\/strong><\/p>\n T. A. Il y a en moyenne 80 enfants hospitalis\u00e9s par jour pris en charge par le chef de service, un chef de clinique (ce sont les seuls p\u00e9diatres) et 10 m\u00e9decins g\u00e9n\u00e9ralistes et d\u2019autres m\u00e9decins en cours de formation qui travaillent plus ou moins b\u00e9n\u00e9volement en lien avec la facult\u00e9 (environ une dizaine).<\/p>\n S. K. Quelles sont les pathologies les plus fr\u00e9quentes ?<\/strong><\/p>\n T. A. Ce sont surtout des maladies infectieuses qu\u2019elles soient respiratoires ou neurologiques comme les m\u00e9ningites. Cela ne fait qu\u2019un an que l\u2019on a mis en place les vaccins gratuits contre la m\u00e9ningite. Avant cela, seuls ceux qui en avaient les moyens pouvaient \u00eatre vaccin\u00e9s. La particularit\u00e9 est que les enfants viennent souvent consulter quand ils ne peuvent respirer ou dans un \u00e9tat comateux. Les enfants viennent souvent de loin et arrivent \u00e0 l\u2019h\u00f4pital dans un \u00e9tat catastrophique ce qui donne un taux de mortalit\u00e9 tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9. S. K. D\u2019o\u00f9 viennent les enfants hospitalis\u00e9s ?<\/strong><\/p>\n T. A. La majorit\u00e9 d\u2019entre d\u2019eux vient d\u2019Antananarivo et des environs. Mais il peut y avoir des enfants venant de provinces qui sont envoy\u00e9s par des h\u00f4pitaux ou des dispensaires qui ne peuvent les prendre en charge parfois par \u00e9vacuation sanitaire.<\/p>\n S. K. Y a-t-il d\u2019autres h\u00f4pitaux en dehors d\u2019Antananarivo ?<\/strong><\/p>\n T. A. Il y a six provinces \u00e0 Madagascar et il y a deux ou trois h\u00f4pitaux par province. Il n\u2019y a des p\u00e9diatres que dans les chefs-lieux de province. C\u2019est \u00e0 Antananarivo que se trouvent les h\u00f4pitaux de r\u00e9f\u00e9rence et que l\u2019on trouve le plus de p\u00e9diatres. Les autres provinces n\u2019ont pas plus de deux p\u00e9diatres et certaines n\u2019ont aucun p\u00e9diatre.<\/p>\n S. K. Comment se passe une journ\u00e9e dans le service de p\u00e9diatrie ?<\/strong><\/p>\n T. A. On re\u00e7oit les enfants envoy\u00e9s par leur m\u00e9decin traitant ou par un autre syst\u00e8me m\u00e9dical ou bien ils viennent spontan\u00e9ment. On juge de la n\u00e9cessit\u00e9 de les hospitaliser ou pas. Il n\u2019y pas de s\u00e9curit\u00e9 sociale. On envoie les parents acheter des m\u00e9dicaments dans une pharmacie si l\u2019\u00e9tat de l\u2019enfant est grave. Nous disposons d\u2019un petit stock d\u2019urgence pour les cas les plus graves. Les m\u00e9decins du service recherchent en permanence des financements par exemple aupr\u00e8s d\u2019associations pour pouvoir se procurer ces m\u00e9dicaments. On demande parfois aux parents de rembourser ces m\u00e9dicaments ce qui permet de renouveler le stock mais la plupart n\u2019en ont pas les moyens. Nous n\u2019avons pas de pharmacie dans le service de p\u00e9diatrie. Les parents se rendent \u00e0 la pharmacie de l\u2019h\u00f4pital o\u00f9 ils vont faire la queue, m\u00eame si le cas de leur enfant est urgent. Parfois ils s\u2019aper\u00e7oivent qu\u2019ils n\u2019ont pas assez d\u2019argent pour payer les m\u00e9dicaments. S. K. : Quel \u00e2ge ont les enfants qui d\u00e9c\u00e8dent ?<\/strong><\/p>\n Ce sont les plus jeunes et surtout les nouveau-n\u00e9s qui d\u00e9c\u00e8dent. Ce n\u2019est pas seulement un probl\u00e8me n\u00e9o-natal, c\u2019est aussi un probl\u00e8me de gyn\u00e9co-obst\u00e9trique. Les m\u00e8res ne suivent pas les CPN (consultations pr\u00e9natales) r\u00e9guli\u00e8res et ne font pas tous les examens prescrits car tous les bilans ne sont pas pris en charge. Cela a une cons\u00e9quence directe sur le nouveau-n\u00e9 par la suite.<\/p>\n S. K. Vous \u00eates donc toujours dans l\u2019urgence ?<\/strong><\/p>\n T. A. Cela rel\u00e8ve quasiment de la m\u00e9decine de guerre. On est toujours en train de bricoler, on fait avec les moyens du bord. On nous envoie en stage en France, mais ce qu\u2019on apprend en France ne nous sert pas forc\u00e9ment sur le terrain bien que le fait d\u2019avoir eu une formation en France nous apporte un savoir-faire, une comp\u00e9tence et nous permette d\u2019encadrer les jeunes m\u00e9decins g\u00e9n\u00e9ralistes qui n\u2019ont aucune formation en p\u00e9diatrie. En France, un CHU r\u00e9unit des sp\u00e9cialistes et m\u00eame au sein de la p\u00e9diatrie, il y a des sp\u00e9cialistes en n\u00e9phrologie, en cardiologie, etc\u2026 A Madagascar, les p\u00e9diatres essaient de s\u2019inspirer du syst\u00e8me fran\u00e7ais et de se sp\u00e9cialiser pour \u00eatre plus efficace. C\u2019est pourquoi on nous envoie en stage dans les h\u00f4pitaux fran\u00e7ais. Pour ma part, je suis actuellement en stage au CHU de Lyon en n\u00e9phrologie p\u00e9diatrique. Un autre de mes coll\u00e8gues est \u00e0 Bordeaux pour un stage de gastrologie p\u00e9diatrique.<\/p>\n S. K. Combien d\u2019enfants recevez-vous par jour ?<\/strong><\/p>\n T. A. Le jour le plus charg\u00e9 est le lundi. Nous avons environ 20 ou 30 passages par 24 heures pour un m\u00e9decin et 2 infirmi\u00e8res et quelques \u00e9tudiants en m\u00e9decine. Par comparaison, \u00e0 Lyon aux urgences, il y a 250 passages par 24 heures mais il y a 1 infirmi\u00e8re pour 4 malades. Chez nous il y a 1 infirmier pour 20 ou 30 malades. C\u2019est peu surtout lorsqu\u2019on re\u00e7oit des cas graves. Du coup, les infirmiers ne suivent pas forc\u00e9ment toutes les prescriptions des m\u00e9decins. On s\u2019efforce de \u00ab dresser \u00bb les infirmiers \u00e0 suivre toutes les prescriptions.<\/p>\n S. K. Quelles sont les conditions de salaires pour les p\u00e9diatres ?<\/strong><\/p>\n T. A. Certains jeunes p\u00e9diatres ont termin\u00e9 leur cursus mais ne sont pas encore int\u00e9gr\u00e9s dans la fonction publique. Ils per\u00e7oivent un \u00ab pr\u00e9-salaire \u00bb de 100 euros par mois. Les p\u00e9diatres titulaires ne sont gu\u00e8re pay\u00e9s plus sauf qu\u2019ils b\u00e9n\u00e9ficient de quelques avantages en nature. Cela ne nous suffit pas pour vivre. Tous les p\u00e9diatres, b\u00e9n\u00e9voles ou pas, quel que soit leur grade, doivent exercer ailleurs dans des cliniques ou des cabinets priv\u00e9s. Nous ne pouvons pas trop nous investir \u00e0 l\u2019h\u00f4pital car nous avons nos consultations priv\u00e9s qui nous permettent de vivre.<\/p>\n S. K. Les conditions d\u2019hospitalisation sont-elles meilleures dans les cliniques priv\u00e9es ?<\/strong><\/p>\n T. A. Les patients qui ont de l\u2019argent s\u2019adressent plut\u00f4t aux cliniques priv\u00e9es. L\u2019h\u00f4tellerie y est de meilleure qualit\u00e9, il y a la t\u00e9l\u00e9, etc\u2026Mais il n\u2019y a pas de p\u00e9diatre sur place 24h sur 24 comme c\u2019est le cas dans les \u00e9tablissements publics. Les p\u00e9diatres ne font qu\u2019y passer pour des visites, ensuite ils sont joignables sur leur portable. Ils sont pay\u00e9s par cas. Ce n\u2019est gu\u00e8re plus avantageux financi\u00e8rement pour les m\u00e9decins. Les cliniques ne s\u2019en sortent pas forc\u00e9ment mieux que les h\u00f4pitaux. Il est parfois conseill\u00e9 aux parents d\u2019hospitaliser leur enfant dans les h\u00f4pitaux publics. Certains h\u00f4pitaux publics ont des chambres payantes qui sont bien \u00e9quip\u00e9es. Les n\u00f4tres \u00e0 Befelatanana ne sont plus utilisables.<\/p>\n S. K. Quels sont les probl\u00e8mes au niveau du mat\u00e9riel et des infrastructures ?<\/strong><\/p>\n T. A. Il y a de nombreux cas d\u2019infections nosocomiales li\u00e9s \u00e0 un gros probl\u00e8me au niveau des sanitaires. J\u2019ai fait une recherche sur les infections nosocomiales dans notre service. Nous avons fait un pr\u00e9l\u00e8vement rectal sur tous les enfants lors de l\u2019admission \u00e0 l\u2019h\u00f4pital. Nous avons recherch\u00e9 des germes sp\u00e9cifiques r\u00e9sistants. Le taux de portage \u00e0 l\u2019admission \u00e9tait de 28% et \u00e0 la sortie il avait doubl\u00e9. Et ce sont des germes qui se transmettent par les mains ! Cela signifie qu\u2019on ne fait pas grand-chose pour lutter contre les infections nosocomiales et la transmission de ces germes. Nous avons \u00e9galement fait des pr\u00e9l\u00e8vements sur les paillasses, les p\u00e8se-b\u00e9b\u00e9s et sur les tables d\u2019examen. Et nous y avons trouv\u00e9 plein de germes partout ! Les m\u00e9decins ne se lavent pas les mains entre chaque patient. Les patients ne disposent pas de toilettes fonctionnelles dans le service. Il y a des toilettes payantes en dehors du service ouvertes de 8h \u00e0 16h. Mais si les gens n\u2019ont pas les moyens d\u2019acheter des m\u00e9dicaments, ils ne vont pas d\u00e9penser le peu d\u2019argent dont ils disposent pour aller aux toilettes ! Ils font leurs besoins dans le jardin de l\u2019h\u00f4pital ou apportent des pots de chambre qu\u2019ils vident le matin d\u00e8s l\u2019ouverture des toilettes payantes. Cela fait des ann\u00e9es que l\u2019on demande \u00e0 ce que nos toilettes soient r\u00e9par\u00e9es. S. K. Quelle est l\u2019urgence pour am\u00e9liorer les conditions du service ?<\/strong><\/p>\n T. A. Il faudrait surtout assurer le stock de m\u00e9dicaments d\u2019urgence. S. K. D\u2019apr\u00e8s les photos que nous avons re\u00e7ues le service donne l\u2019impression d\u2019\u00eatre en bon \u00e9tat.<\/strong><\/p>\n T. A. Sur les photos le service donne l\u2019impression d\u2019\u00eatre propre, mais quand on est sur place on voit que le carrelage est sale et en tr\u00e8s mauvais \u00e9tat par manque de produits de nettoyage. On croirait qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 lav\u00e9 avec de l\u2019eau sale ! Tels sont les points essentiels que nous souhaitions porter \u00e0 la connaissance de nos membres et sympathisants.<\/strong><\/em><\/p>\n Interview r\u00e9alis\u00e9 le 21 d\u00e9cembre 2009<\/strong><\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":" Lors de son passage \u00e0 Paris en d\u00e9cembre dernier, le Docteur Todisoa Andriatahina nous a fait part de son exp\u00e9rience en tant que p\u00e9diatre \u00e0 l\u2019h\u00f4pital Befelatanana. Nous avons pu ainsi l\u2019interroger sur le fonctionnement, les grosses difficult\u00e9s et les besoins du service de p\u00e9diatrie. 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\n\u2022 L\u2019H\u00f4pital G\u00e9n\u00e9ral de Befelatanana
\n\u2022 L\u2019H\u00f4pital Joseph Ravoahangy Andrianavalona
\n\u2022 Le Centre Hospitalier de Soavinandriana (H\u00f4pital militaire) qui est semi-public
\n\u2022 La Maternit\u00e9 de Befelatanana<\/p>\n
\n(Cela repr\u00e9sente environ un p\u00e9diatre pour 200 000 enfants. 44,8% de la population malgache a moins de 14 ans. En comparaison, le ratio serait de 1 pour 10 000 en France. 25% de la population fran\u00e7aise a moins de 20 ans.)<\/p>\n
\nOn rencontre beaucoup de maladies parasitaires et des probl\u00e8mes de malnutrition. Il y a au sein de l\u2019h\u00f4pital un service de malnutrition qui est pris en charge par un organisme priv\u00e9.
\nIl y a \u00e9galement un taux de mortalit\u00e9 tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 en p\u00e9riode n\u00e9onatale li\u00e9 au plateau technique d\u00e9ficient. Les enfants malnutris meurent tr\u00e8s vite car ils sont immunod\u00e9prim\u00e9s.<\/p>\n
\nLes parents attendent souvent le dernier moment pour amener leur enfant \u00e0 l\u2019h\u00f4pital. Il leur arrive aussi d\u2019aller voir des gu\u00e9risseurs traditionnels, ou des m\u00e9decins qui n\u2019ont pas la bonne prise en charge et ils arrivent trop tard \u00e0 l\u2019h\u00f4pital. Les parents arrivent souvent sans un sou avec leur enfant mourant en esp\u00e9rant un miracle. Il m\u2019arrive de voir jusqu\u2019\u00e0 cinq d\u00e9c\u00e8s en vingt-quatre heures de garde. Par comparaison, en une ann\u00e9e de stage \u00e0 Bordeaux, je n\u2019ai vu qu\u2019un enfant d\u00e9c\u00e9der. Nous ne disposons pas de mat\u00e9riel de r\u00e9animation, pas de respirateur artificiel, nous n\u2019avons qu\u2019un masque et un ambu. Nous ne pouvons rien faire pour r\u00e9animer les enfants. Seuls les h\u00f4pitaux priv\u00e9s qui co\u00fbtent tr\u00e8s cher disposent de ce mat\u00e9riel.<\/p>\n
\nLes patients ne disposent pas non plus de point d\u2019eau pour se laver les mains. Et les m\u00e9decins doivent se procurer eux-m\u00eames les solutions hydro-alcooliques pour se d\u00e9sinfecter les mains, de m\u00eame qu\u2019ils ach\u00e8tent eux-m\u00eames leurs gants et leurs masques. Il arrive cependant qu\u2019on en re\u00e7oive gr\u00e2ce \u00e0 des dons ponctuels. Dans ce cas on essaie de g\u00e9rer au mieux les stocks.<\/p>\n
\nEt puis, 60% des enfants hospitalis\u00e9s viennent de familles d\u00e9munies. Leurs parents n\u2019ont pas assez d\u2019argent pour payer la nourriture. Ce sont les membres du personnel de l\u2019h\u00f4pital qui trouvent les moyens pour payer les repas soit gr\u00e2ce \u00e0 des dons d\u2019associations ou de particulier, soit en y allant de leurs propres poches. Les repas sont pr\u00e9par\u00e9s par les femmes de m\u00e9nage. On essaie de donner un repas par jour \u00e0 chaque enfant : une soupe compos\u00e9e de riz, de carottes et d\u2019un peu de viande.
\nIl faudrait aussi construire un point d\u2019eau dans chaque chambre pour que les patients et le personnel m\u00e9dical puisse se laver les mains, et r\u00e9parer tous les sanitaires.
\nOn manque \u00e9galement de produits d\u2019entretien, d\u2019eau de Javel, de serpill\u00e8res\u2026Le m\u00e9nage ne peut \u00eatre fait qu\u2019une fois par jour dans le service.<\/p>\n
\nSeul le service de n\u00e9onatalogie a \u00e9t\u00e9 r\u00e9nov\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 un financement.
\nDans les chambres, les lits sont neufs et ont \u00e9t\u00e9 donn\u00e9s par la belle-fille de l\u2019ancien pr\u00e9sident Ravalomanana mais il n\u2019y a pas de drap sur les lits, chaque patient apporte ses propres draps, s\u2019il en a.
\nLe b\u00e2timent vu de l\u2019ext\u00e9rieur est beau mais il y de gros rats qui se prom\u00e8nent \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur et les gens font leurs besoins dans le jardin. Les toilettes devraient \u00eatre financ\u00e9es par l\u2019administration de l\u2019h\u00f4pital mais ceux-ci refusent de le faire en disant que cela co\u00fbte trop cher et que cela prendrait tout le budget de l\u2019h\u00f4pital. Ils ont d\u00e9j\u00e0 des difficult\u00e9s \u00e9normes \u00e0 payer la moindre seringue ! Certains h\u00f4pitaux sont dans une meilleure situation gr\u00e2ce \u00e0 leurs sponsors et aux associations qui les aident. Chaque h\u00f4pital essaie de trouver ses propres moyens de financement.
\nOn nous a aid\u00e9 pour d\u00e9corer la salle d\u2019attente. Le service a re\u00e7u des subventions de Japonais et de Fran\u00e7ais pour repeindre une partie des murs. Les fresques ont \u00e9t\u00e9 peintes par les parents avec l\u2019aide d\u2019\u00e9tudiants fran\u00e7ais en orthophonie.
\nDans une des chambres il y a des fuites d\u2019eau, les chambres du haut qui sont payantes ne sont plus fonctionnelles et sont laiss\u00e9es \u00e0 l\u2019abandon. Soit l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 ou l\u2019eau ne fonctionne pas, soit les vitres ou les robinets sont cass\u00e9s.
\nL\u2019aire de jeu dans le jardin a \u00e9t\u00e9 financ\u00e9e par une association.
\nAu niveau des consultations, les tables d\u2019examen sont nettoy\u00e9es avec le propre linge du patient sans produit d\u00e9sinfectant.
\nLes p\u00e8se-b\u00e9b\u00e9s sont rouill\u00e9s et ne fonctionnent plus tr\u00e8s bien.
\nLa salle de n\u00e9onatalogie vient d\u2019\u00eatre dot\u00e9e d\u2019un mat\u00e9riel tout neuf. Mais les enfants qui y sont admis sont tri\u00e9s sur le volet. Seuls ceux qui ont les moyens de payer des couches jetables y sont admis. Les autres restent avec leur m\u00e8re dans une salle pour nouveau-n\u00e9s et les plus r\u00e9sistants survivent.
\nLa cuisine est une petite pi\u00e8ce o\u00f9 les repas des enfants sont pr\u00e9par\u00e9s et o\u00f9 le personnel mange.<\/p>\n